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  • Writer's pictureLaura Vuillemin

Être bilingue ne fait pas de vous un traducteur


Et il n’y a pas de honte à cela. Je m’explique.


Vous êtes le pro du canelé (avec un seul N) et du très technique macaron, mais vous faites appel à un pâtissier pour une pièce montée, car vous n’avez ni le matériel, ni l’expertise nécessaires pour réaliser un tel dessert. Je suis sûre que vous trouvez ça normal.


Vous êtes doué en bricolage, au point que vous pouvez refaire l’électricité de votre logement tout seul, mais vous avez besoin d’un plombier pour les travaux de tuyauterie. Là encore, rien de choquant.


👇🏻


Je me demande donc pourquoi certains bilingues persistent à croire que parce qu’ils parlent une autre langue, ils sont aptes à se substituer à un traducteur professionnel.


Pour la millionième fois (et hélas pas la dernière) :


📢 LA TRADUCTION EST UN MÉTIER.


Le « bilingue de service » (expression de mon invention) qui s’improvise traducteur risque de se faire remarquer pour les raisons suivantes :


▶️ Son texte contient des fautes de grammaire et d’orthographe (pour une raison qui m’échappe, même le plus basique des correcteurs automatiques n’est pas toujours utilisé).


▶️ Il fait du mot à mot et traduit littéralement des expressions idiomatiques ou des analogies qui n’auront aucun sens pour la culture cible (par exemple, il conserve telle quelle une analogie sur le baseball dans un texte destiné à un public français).


▶️ Sa traduction est extrêmement redondante, alors que les répétitions incessantes passent assez mal et rendent le texte peu agréable à lire (en tout cas en français).


▶️ Il calque la ponctuation de la source dans la cible, or chaque langue (et même chaque variante d’une même langue !) a ses propres règles.


🔸


Vous êtes bilingue, c’est une grande chance et vous pouvez en être fier, mais vous n’êtes pas traducteur par défaut.


🔸


Certes, vous basculez souvent entre deux langues et faites peut-être régulièrement l’intermédiaire à l’oral entre plusieurs individus (à noter qu’un interprète n’est pas non plus un traducteur par défaut), mais cela ne veut pas du tout dire que vous pourrez traduire du contenu de formation ou un livre correctement. Et ce n’est pas grave !


Je le redis : il n’y a absolument pas à avoir honte, mais simplement à accepter que les professionnels n’existent pas pour rien. Savoir reconnaître ses limites est une qualité précieuse.


🔸


Vous n’apprécieriez pas qu’une personne se dise capable de faire votre travail sans avoir la moindre qualification, alors pourquoi procéder ainsi avec un traducteur ?


En outre, si vous êtes une entreprise, pourquoi prendre le risque de vous ridiculiser (oui, j’ose employer ce mot) en faisant « traduire » votre contenu par quelqu’un qui, hormis son bilinguisme*, n’a pas les autres compétences requises ?


〰️〰️


* Un bilinguisme parfois surestimé et discutable... Mais ce sujet mérite un billet à lui seul.

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